LES FACTEURS D’INTEGRATION REGIONALE

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Le fonctionnement du territoire de la région de Fès Boulemane a été dicté principalement par les caractéristiques de son milieu physique qui ont imprimé son histoire, son peuplement et ses activités économiques, particulièrement celles liées aux ressources naturelles. Mais il a également été organisé par l’homme à travers des actions volontaristes de mise en place d’infrastructures et d’équipements et à travers des choix relatifs à la gouvernance territoriale et sectorielle. En plus des caractéristiques endogènes qui l’ont façonné, le fonctionnement du territoire est soumis à des facteurs exogènes liés à son intégration à un contexte régional, national et international et à son articulation aux grands axes d’échanges et de communication.

Ce rapport sectoriel concerne les facteurs de l’intégration régionale. Il analyse les facteurs exogènes qui contribuent à façonner et à structurer le territoire notamment les grandes infrastructures et les dynamiques territoriales à l’œuvre au niveau national et dans les régions voisines. Il aborde également les questions de la gouvernance territoriale et du foncier, facteurs déterminants de niveau national qui répondent à des usages et des choix juridiques et institutionnels et dont les effets sur le développement régional sont des plus déterminants.

Integration nationale de la région Fès Boulemane

Il ressort du constat élaboré que le développement et l’aménagement de la région devront prendre en considération les facteurs suivants :

  1. la métropole régionale est bien articulée au réseau de transport national et international et elle est à la croisée des axes nationaux structurants est-ouest et nord-sud qui lui donnent accès aux grands pôles de développement nationaux avec lesquels elle entretient le gros des échanges de la région. Cependant, malgré cette articulation, la région, notamment dans sa partie sud, est enclavée, et reste à l’écart des principaux flux des marchandises et des personnes.
  2. le Moyen Atlas, un espace à enjeux écologiques nationaux de premier ordre, traverse la région d’est en ouest qu’elle partage avec les régions de Taza Al Houceima Taounate et celle de Meknès Talifalet. Principal château d’eau du pays, cet espace fragile requiert pour sa protection et sa valorisation des actions concertées d’aménagement et de gestion de niveau suprarégional.
  3. la région partage avec les régions voisines des nappes phréatiques et des cours d’eau dont la protection et l’exploitation pour des fins d’alimentation en eau potable et d’irrigation requièrent une concertation et un arbitrage suprarégional. C’est le cas notamment de la nappe de Fès-Meknès qui alimente les deux métropoles régionales et les zones agricoles du Saiss ainsi que les Oued Sebou et Moulouya qui prennent leurs sources dans le Moyen Atlas et qui continuent au-delà des limites de la région.
  4. en l’absence d’infrastructures de production locale et de gisements, la région est totalement dépendante du réseau national de production et de distribution de l’énergie pour dynamiser son développement qui reste sensible aux fluctuations conjoncturelles des prix et de l’offre. Des potentialités existent, notamment dans les filières de l’éolien et du solaire, dans la province de Boulemane.
  5. la région devra composer pour son développement avec des dispositions juridiques et institutionnelles dont les lignes sont tracées au niveau national. Ces dispositions dans certains aspects sont favorables à l’émergence d’une dynamique régionale de développement et dans d’autres aspects constituent des freins aux initiatives locales. La faiblesse des moyens financiers, techniques humains et fonciers des collectivités locales (communales, provinciales et régionales) est la principale contrainte au développement local.
  6. s’agissant de ce dernier point, et face à la difficulté que rencontrent les collectivités territoriales pour constituer des réserves foncières ainsi que la rareté des terrains privés de l’état, le foncier et le régime de la propriété sont parmi les freins les plus importants à l’aménagement du territoire. La région devra, pour s’en affranchir profiter des dispositions législatives de la réforme du secteur foncier au niveau national, mais surtout développer des mécanismes régionaux spécifiques et innovants pour faire face à cette problématique handicapante. Une stratégie régionale de constitution de réserves foncières publiques devra être progressivement mise en place.
  7. enfin, le SRAT devra se conformer aux orientations nationales énoncées par le SNAT et se mettre en harmonie avec les orientations territoriales des régions voisines qui ont déjà développé des visions pour des « espaces de projets » limitrophes qui constituent avec les espaces de la région Fès Boulemane un continuum écologique, économique ou social. La prise en compte de ces projets est à même de fournir aux zones les plus enclavées et les plus défavorisées de nouveaux débouchés et de nouveaux marchés et d’amorcer des synergies interrégionales.

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