LA STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT REGIONAL

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  Sommaire :

  1. Introduction
  2. Le diagnostic
  3. La vision 2039
  4. Les projets structurants du SRAT
  5. Le programme d’action par espace de projet
  6. Conclusion

Introduction

L’étude du Schéma régional d’aménagement du territoire (SRAT) de la Région Fès-Boulemane s’est déroulée en plusieurs étapes, qui mèneront à la formalisation finale et cartographiée du document, accompagnée de son programme d’action :

  • Le diagnostic stratégique : a permis l’identification des principales problématiques et des grands déséquilibres du territoire, à partir desquels les enjeux essentiels de l’aménagement régional ont pu être formulés. Ce travail a mis en exergue la nécessité d’analyser le territoire à trois échelles différentes : nationale (ou interrégionale), régionale et locale.
  • L’identification d’espaces de projet : sous-régions homogènes et à devenir lié. Ces espaces de projet ont été délimités grâce à une analyse multicritères (l’accessibilité physique, l’équité sociale et le potentiel économique rural). Ils seront la base de la mise en œuvre de projets spécifiques destinés à rééquilibrer le territoire régional. Les cinq espaces de projet retenus sont : le Prérif, le Couloir de métropolisation, l’Agglomération de Fès, le Moyen Atlas et la Moulouya.
  • La formulation des options stratégiques : une analyse des fondements de l’aménagement régional (politiques économiques sectorielles déjà engagées et leurs implications spatiales, cadrage démographique…) ainsi que les enjeux préalablement identifiés ont permis de dégager les orientations stratégiques d’aménagement de la région, aux trois échelles précitées.
  • L’esquisse du schéma : les options stratégiques sont traduites en termes de projets structurants portant le projet d’ouverture de la région sur les flux internationaux et montrant l’intégration des espaces homogènes constituant la région au sein d’un ensemble régional cohérent et solidaire.
  • Le programme d’action régional intégré (PARI) : basé sur les options stratégiques et sur l’aménagement proposé, il présente les projets retenus afin de les opérationnaliser. Il s’agit de la contrepartie active et opérationnelle du SRAT. Les actions énoncées dans le PARI sont intersectorielles, transversales, et il comporte autant des actions de rattrapage que des actions de préparation du futur de la région.

Le présent document résume ces différentes étapes et présente la vision d’aménagement et les projets proposés pour la Région de Fès-Boulemane.

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Le diagnostic

Du fait de sa situation et de sa configuration, la Région de Fès-Boulemane souffre de grands déséquilibres. Son territoire présente d’importantes disparités et inégalités, et un manque de cohésion générale. On peut citer ici trois éléments principaux :

  1. Concernant l’accessibilité et les transports, on observe un net contraste entre l’axe du Sais et le reste du territoire. Le Couloir du Sais entre le Rif et le Moyen Atlas, très bien drainé, relie Fès au reste du Royaume de manière aisée. Du fait de sa topographie difficile, le reste du territoire régional n’est que peu desservi et intégré, voire complètement enclavé pour certains espaces.
  2.  L’armature urbaine est également très déséquilibrée. L’histoire du Maroc a fortement influé sur son peuplement. Ainsi, Fès a longtemps été la capitale du Maroc, et sa situation au carrefour de grandes routes marchandes a favorisé son attractivité et sa croissance démographique. Les autres villes de la région ont été érigées plus récemment afin de disposer de relais administratifs sur l’ensemble du territoire, mais la primatie de Fès demeure.
  3.  Enfin, il existe un important déséquilibre en termes de potentialités en eaux et en sols cultivables. Les terres fertiles sont nombreuses et bénéficient d’importants apports en eau dans la plaine du Sais, au nord du Moyen Atlas et le long des grands Oueds, tandis que le relief du Moyen Atlas et le climat semi-aride de la partie sud en font des terres peu favorables à l’activité agricole.

Ces déséquilibres entrainent de nombreuses implications sur le territoire de la région, parmi lesquelles :

  • une armature urbaine macrocéphale avec Fès en position dominante,
  • la faible intégration des espaces ruraux et leur éclatement,
  • de fortes inégalités entre milieux urbain et rural en termes d’accès aux services de base, de développement humain et d’accès aux services de niveaux moyen et supérieur,
  • un déséquilibre en matière d’accès aux services publics et une tendance à son accentuation : les politiques de « rattrapage » mises en œuvre favorisant les territoires très peuplés, les migrations internes (et notamment l’exode rural) se poursuivent, accélérant de fait les déséquilibres précités.

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La vision 2039

Sur la base de ces constats, une vision du territoire à 25 ans a été construite, faisant de Fès-Boulemane une région « ambitieuse qui prend appui sur sa situation géographique, son histoire et ses potentialités territoriales pour redevenir attractive et compétitive ».

La Région de Fès-Boulemane ainsi imaginée pour 2039 est dominée par son espace métropolitain formé autour du bipôle Fès-Meknès. Cette métropole, qui concentre infrastructures, activités, équipements et investissements, est très attractive. Tout est y fait pour favoriser le développement économique et l’innovation, tout en limitant la spécialisation des territoires et en favorisant l’émergence de centres secondaires au sein de l’aire métropolitaine. Son accessibilité est excellente avec les littoraux atlantique et méditerranéen, avec le reste du Maghreb, mais également avec le reste de la région. L’aire métropolitaine ainsi formée parvient à entrainer le reste du territoire régional, qui profite de la dynamique de développement. Le développement des villes secondaires est également favorisé par l’implantation de nouvelles activités, de services de niveaux supérieurs ainsi que par l’amélioration de leur desserte.

Par ailleurs, les espaces ruraux sont l’objet d’une restructuration importante. Face aux problématiques que rencontrent les espaces enclavés où la population est dispersée, le regroupement des populations est favorisé autour de Centres ruraux émergents (CREM), ainsi que dans des centres ruraux de moindre envergure. Ces nouveaux pôles sont la base d’un nouveau développement du milieu rural. Ils concentrent les équipements, services et activités de soutien à l’économie rurale. Enfin, la desserte de ces centres en infrastructures et en moyens de transport est améliorée, en faisant des noyaux dynamiques et viables. Avec les villes secondaires précitées, ces CREM représentent une réelle alternative à l’exode vers Fès pour de nombreux ruraux auparavant enclavés.

Enfin, dans le reste de la région, plusieurs dynamiques sont enclenchées. Les espaces naturels sont mieux préservés, grâce à des mesures de lutte contre les pollutions provenant des centres urbains ainsi que par une coopération avec les territoires limitrophes pour la gestion des grands écosystèmes. L’espace agricole fait l’objet de nombreux projets et programmes, permettant l’amélioration de la production et l’optimisation des ressources. Les villes et villages se tournent quant à eux vers de nouvelles activités industrielles, artisanales, touristiques et de soutien à l’agriculture, autant de facteurs de développement et de création d’emplois.

  • Afin d’y parvenir, trois axes stratégiques ont été déterminés, regroupant les orientations et les projets destinés au développement de la Région de Fès-Boulemane :
  •  la nécessaire métropolisation bipolaire, qui concerne Fès, les villes de l’aire métropolitaine, et le schéma des échanges ;
  • la restructuration du milieu rural, en complément des grandes opérations du Plan Maroc Vert, permettant l’amélioration des conditions de vie en zone rurale et la maîtrise des flux migratoires ;
  • le redéploiement de la base économique de la région, condition de revitalisation de la région et d’affinement des fonctions économiques de Fès.

La métropolisation

Integration_Nationale

La métropolisation envisagée, projet phare du SRAT, est une œuvre stratégique et de longue haleine intégrant l’espace de Meknès et celui de Fès. Toutes les études et travaux qui ont précédé et nos propres conclusions débouchent sur cet impératif majeur de l’aménagement qui est la construction d’un ensemble métropolitain centré sur les deux pôles et intégrant pour chacun une aire métropolitaine distincte. A ce stade, il s’agit d’un processus à mettre en place et d’actions structurantes à programmer :

  • pour désengorger la ville mère, renforcer ses attributs de métropole et lui permettre d’améliorer son fonctionnement interne ;
  • pour donner aux villes de l’aire métropolitaine la possibilité de profiter de la dynamique générale en offrant des conditions favorables d’implantation.

Les options stratégiques identifiées dans l’objectif de la métropolisation peuvent être résumées comme suit :

  • restructurer et renforcer les liaisons de Fès :
    • avec la côte méditerranéenne et le reste du pays : axe autoroutier Fès-Tanger, liaison Fès-Al Houceima,
    • avec son aire métropolitaine : réseau ferroviaire express au sud de l’agglomération jusqu’à Sefrou-Bhalil, liaisons rapides avec les villes de soutien à la métropolisation (Sefrou-Bhalil, Imouzzer Kandar, Moulay Yacoub, El Menzel),
    • avec le reste de la région : routes de convergence vers Fès, liaisons avec le sud de la région (vallée de la Moulouya), liaisons interurbaines avec infrastructures et moyens de transport lourds ;
  • favoriser le développement économique de la métropole en accueillant des activités de pointe liée à l’économie du savoir, des sièges d’entreprises et des entreprises du secteur tertiaire supérieur :
    • implanter une ou plusieurs technopoles spécialisées faisant la synergie entre l’université, la formation professionnelle et la production,
    • améliorer la connectivité numérique de la ville : généraliser le réseau de fibre optique en commençant par les quartiers dédiés à l’économie internationale (Fès Shore, zone industrielle de Ras El Ma…),
    • multiplier les facteurs d’attractivité : projets culturels, habitat locatif de standing, équipements de haut niveau, centres de recherche, formation professionnelle, immobilier tertiaire de haut niveau,
    • améliorer la qualité de vie urbaine : centralité secondaire, circulation et stationnement, transport en commun, sports et loisirs, assainissement, ordures ménagères, espaces verts, équipements sanitaires ;
  • limiter la tendance à la concentration à Fès des populations, activités, trafic… et stimuler le développement de son aire métropolitaine :
    • délocaliser certaines fonctions non centrales de la ville de Fès vers les centres secondaires pour équilibrer l’armature urbaine : administration, centres universitaires, fonctions de direction relevant du secteur public,
    • assurer la diffusion du développement de la capitale régionale vers les villes de l’aire métropolitaine (Imouzzer Kandar, Sefrou-Bhalil, El Menzel et Moulay Yacoub) dans une logique de complémentarité (industrie, artisanat, services, formation) ;
  • profiter des dynamiques des territoires voisins pour former une métropole plus performante :
    • établir avec Meknès un agenda de projets à caractère métropolitain : mise en place d’une gouvernance métropolitaine, d’une feuille de route et d’un plan de mobilisation des moyens,
    • intégrer dans la vision de métropolisation de Fès les stratégies de développement des territoires de Meknès-El Hajeb-Ifrane et Tissa-Tahla,
    • faire de Fès une métropole régionale, chef de file et moteur du bipôle.

La restructuration du milieu rural

Population rurale dispersée dans le prérif

Population rurale dispersée dans le prérif

Afin d’engager un développement durable du milieu rural de la région et d’endiguer son dépeuplement, de nombreuses orientations ont été exprimées. Elles peuvent être synthétisées ainsi :

  • créer ou consolider les liaisons entre les espaces ruraux amenés à se développer et les axes ou pôles dynamiques à proximité, tels que:
    • l’axe Midelt-Missour-Outat El Haj-Guercif, l’axe du Prérif, et la liaison Imouzzer Kandar-Azrou-Ifrane
    • des liaisons avec les zones limitrophes dynamiques des régions voisines : le Prérif avec Ba Mohamed, Missour et Beni Tajight, Outat El Haj et Bouarfa, des percées entre les territoires isolés du sud du Moyen Atlas et l’axe Meknès-Errachidia…
    • un système de transports lourds et une offre forte et structurée pour accompagner les infrastructures existantes, au centre et au sud de la région : transport des marchandises et lignes de bus interurbains en complément des taxis.
  • valoriser les ressources naturelles et limiter les risques d’atteinte à l’environnement :
    • assurer une gestion partagée des grands écosystèmes : eaux, forêts, nappes alfatières, oueds…
    • protéger les ressources rurales contre les dégradations (terres périurbaines, eaux des nappes, oueds)
    • intégrer l’aménagement du Moyen Atlas dans le cadre d’une véritable vision de développement durable orientée vers la protection et la valorisation contrôlée des ressources naturelles : sites, paysages, bois, eaux, herbes
    • protéger les nappes alfatières, véritables barrières contre l’avancée de la désertification
    • établir un plan régional d’utilisation des eaux
    • aménager des décharges contrôlées et mettre en place une stratégie régionale pour la collecte, le transport et la décharge des déchets ménagers et industriels
    • aménager des stations d’épuration dans les villes et les centres urbains et envisager dès le départ la possibilité de réutiliser les eaux épurées
    • prendre appui sur les spécificités culturelles locales pour valoriser le patrimoine matériel et immatériel
    • valoriser le potentiel touristique rural par la mise en place d’une stratégie intégrée
  •  organiser le réseau des villes et villages afin de soutenir le développement d’une activité économique rurale :
    • prêter attention aux villes de piémont en tant que support de développement de la montagne
    • redistribuer certaines activités artisanales pour soulager la pression exercée sur la médina de Fès
    • associer les communes dans des projets touristiques locaux intercommunaux
    • mettre en œuvre des projets de développement communs avec les communes périphériques des régions voisines ;
  • restructurer les groupements humains en milieu rural afin d’en faire des centres dynamiques et d’endiguer l’exode :
    • inciter la population (notamment les jeunes) à se regrouper autour de noyaux villageois structurés, accessibles et équipés de services de qualité
    • offrir des motifs crédibles et des incitations pour se regrouper dans ces centres (emplois, logements, micro crédits, services, loisirs, coaching…).

Le redéploiement de la base économique de la région

Les leviers de développement des espaces de projet

Les leviers de développement des espaces de projet

Le développement et l’aménagement se fondent également sur une distribution des activités adaptée au potentiel de chaque territoire de la région et sur la diversification de sa base économique. Les options stratégiques dégagées dans le cadre de cet axe peuvent être résumées en quelques points :

  •  inciter les nouveaux investissements à se répartir sur l’ensemble du territoire de la région ;
  • accompagner les stratégies économiques sectorielles en cours de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme et de l’artisanat par des actions adaptées d’équipement du territoire ;
  • redistribuer les activités artisanales sur les villes et villages pour soulager la pression exercée sur la médina de Fès ;
  • assurer l’accessibilité aux villages et aux sites d’intérêt touristique en termes d’infrastructures et de moyens de transport en commun ;
  • renforcer le rôle économique, culturel et d’encadrement des villes du sud de la région (Missour et Outat El Haj) sur l’axe Midelt-Nador ;
  • distribuer les centres de recherche universitaire sur les territoires de la région selon leur spécificité ;
  • donner leur chance à toutes les villes de la région dans une optique de marketing territorial avec une bonne accessibilité, une connectivité moderne et des zones d’activité et industrielles.

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Les projets structurants du SRAT

Esquisse du SRAT

Esquisse du SRAT

De nombreux projets viennent concrétiser et opérationnaliser les orientations qui ont pu être déterminées dans le cadre de ces axes stratégiques, et sont destinés à opérationnaliser la vision de la région décrite plus haut. Au niveau régional, on trouve ainsi de grandes infrastructures, telles que l’autoroute reliant Fès et l’autoroute transmarocaine de l’intérieur projetée (Tanger – Marrakech), le contournement ferroviaire sud de l’agglomération de Fès, ou encore la grande gare multimodale prévue au sud de Fès, en liaison avec le projet de TGV maghrébin, au droit de l’aéroport international. Elles permettent à la région d’améliorer son accessibilité nationale et internationale, tout en délestant le centre de l’agglomération des flux importants.

Dans l’optique d’accroître l’activité économique et l’attractivité de la métropole, sans engorger Fès et en favorisant le développement des villes petites et moyennes de soutien à la métropolisation, un « polygone de logistique et de services » sera implanté au sud de l’agglomération autour de la grande gare multimodale évoquée. Desservi par tous les modes de transport, il comportera entre autres de nombreuses infrastructures et services dédiés aux entreprises, un pôle de compétitivité, un port sec, un centre de loisirs, une cité de la santé, un parc tertiaire de haut standing, un parc résidentiel, un espace d’accueil touristique et une zone franche industrielle.

De plus, l’essor de la zone métropolitaine bipolaire requiert une collaboration accrue entre les différentes entités chargées de la planification et de la mise en œuvre du développement de la zone. Le PARI prévoit donc des structures métropolitaines de gouvernance ainsi que des documents de planification et d’aménagement communs.

Le développement de la région nécessite en outre des actions ciblées dans quatre domaines essentiels :

Tout d’abord, il s’agit de favoriser un développement plus équilibré et impliquant l’ensemble du territoire régional. Afin de permettre aux zones rurales de participer et profiter de cet essor, l’étude et la mise en œuvre d’un schéma routier régional permettront leur désenclavement ; la mise à niveau et la promotion de centres ruraux renforceront l’armature rurale, ces centres devenant supports des activités économiques rurales et des services dont elles ont besoin. La création d’une entité en charge de la programmation et de l’aménagement des Centres ruraux émergents (CREM), l’étude d’un Schéma de cohérence des services publics (SCSP), la mise en place d’un fonds régional de l’habitat rural ou encore celle d’un fonds régional d’investissement rural viendront accompagner cette dynamique.

Par ailleurs, de nombreux projets destinés à appuyer ou stimuler l’activité économique ont été retenus. Il s’agit notamment de favoriser l’implantation d’entreprises et la création d’activités et d’emplois grâce à une stratégie foncière régionale adaptée, un dispositif d’incitations pour la répartition des investissements sur l’ensemble du territoire, l’étude de schémas directeurs sectoriels pour les secteurs de l’industrie et de l’artisanat, et le développement du secteur d’appui aux activités rurales de montagne. Concernant le développement du tourisme, un inventaire du patrimoine matériel et immatériel est nécessaire afin d’optimiser sa valorisation, ainsi qu’une étude sur le tourisme rural. Enfin, la création d’un réseau de fibre optique extensible paraît indispensable dans l’aire métropolitaine, mais la connectivité doit être développée de manière plus générale dans toute la région (y compris dans les zones montagneuses).

La protection de l’environnement et la valorisation des ressources naturelles apparaissent également comme indissociables de l’essor de la Région de Fès-Boulemane à moyen et long terme. Au regard des pollutions produites et rejetées par les villes, un schéma directeur régional d’assainissement ainsi que des schémas d’assainissement locaux doivent être adoptés, et la mise en place de stations d’épuration et de décharges contrôlées doit être systématique. Par ailleurs, afin de maintenir des espaces naturels près des villes et de privilégier un bon cadre de vie, des ceintures vertes seront créées autour de chaque centre urbain. Pour compléter ces actions, des mesures de gestion et d’utilisation des ressources doivent être élaborées, parmi lesquelles un Plan régional de protection et d’utilisation des ressources en eau et un Plan interrégional de protection et de valorisation des nappes alfatières.

Enfin, des actions de coopération avec les régions voisines (Meknès-Tafilalet, Taza-Al Hoceima-Taounate, Oriental) sont envisagées afin de favoriser les synergies et d’optimiser la gestion de certaines problématiques. Pour cela, il s’agit tout d’abord d’améliorer les infrastructures reliant les territoires :

  • Fès-Oulad Mimoun-Karia Ba Mohammed,
  • Imouzzer Kandar-Ifrane-Azrou,
  • Missour-Beni Tajjit,
  • Outat El Haj-Bouarfa,
  • Guigou-Tamahdite.

Des actions interrégionales seront également engagées, concernant la préservation des richesses naturelles, la valorisation d’une offre touristique commune (exemple de l’espace Ifrane-El Hajeb orientée vers le repos, le bien-être et les loisirs, complémentaire de l’offre touristique Fassie) ou, plus largement, la planification conjointe des territoires à développement lié.

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Programmes d’actions des espaces de projet

Le Programme d'Action Régional Intégré

Le Programme d’Action Régional Intégré

Au niveau de chaque espace de projet, des problématiques propres se posent, engendrant des réponses et un projet de territoire spécifiques, tout en privilégiant des actions de rattrapage et de cohésion avec le reste du territoire régional.

L’espace de projet du Prérif

Schéma de structure du Prérif

Schéma de structure du Prérif

 L’espace de projet du Prérif jouit d’une place relativement privilégiée, à proximité de la capitale régionale dynamique, et souffre pourtant d’un très fort enclavement. En effet, sa population est très isolée et extrêmement dispersée, en particulier à l’ouest. La population y est très pauvre et le territoire peu structuré, sans aucun support urbain nécessaire aux activités économiques notamment agricoles. Cependant, cet espace tourné vers Fès possède un fort potentiel de développement qu’il s’agit de valoriser.

Tout d’abord, afin de désenclaver et organiser les flux dans la zone, plusieurs infrastructures de différentes envergures sont prévues. La rocade nord de Fès traversera l’espace de projet d’est en ouest dans sa zone centrale ; l’axe sud-nord Fès-Karia Ba Mohamed sera renforcé, et cette ossature routière sera complétée par un réseau de désenclavement en peigne depuis la rocade nord. Par ailleurs, certains groupements de population seront mis à niveau et promus en Centres ruraux émergents (CREM), afin de faciliter l’accès de la population aux équipements et services, et pour fournir un support pour des activités économiques diversifiées et viables. Enfin, le renforcement de cette armature rurale sera accompagné de la création d’un noyau de ville nouvelle, au croisement de la rocade nord et de l’axe Fès-Karia Ba Mohamed, à Oulad Mimoun, afin d’offrir des opportunités d’implantation d’activités tertiaires nécessaires au développement rural.

Sur le plan agricole, de nombreux projets permettront l’optimisation de l’irrigation, de la production ainsi que la structuration des activités agricoles annexes. Le programme établi pour le PMSIA (Périmètre Moyen Sebou Inaouen Aval) sera accompagné de nombreux projets de développement des différentes filières agricoles (céréales, olivier, câpres, production laitière, viandes rouges), tant dans les zones irriguées le long des Oueds Sebou et Mikès que dans le reste de l’espace de projet (arboriculture et agriculture non irriguée). Par ailleurs, des infrastructures, services et activités d’appui viendront soutenir l’activité agricole et agro-alimentaire dans les CREM et dans le noyau urbain projeté (unités agro-industrielles de collecte, traitement et conditionnement des productions, abattoir, centres de formation…).

Concernant les autres secteurs économiques, les projets retenus concernent la mise en place de politiques foncières incitatives et l’aménagement de zones d’activités et artisanales dans la ville nouvelle proposée ainsi que dans les CREM. Ils incluent également des actions de développement d’activités génératrices de revenus dans les services agricoles, l’artisanat rural, la commercialisation et le transport des biens agricoles. Enfin, pour le tourisme, le développement du pôle de Mikès s’accompagnera de l’aménagement du circuit touristique de la route de l’eau (réseau touristique autour du thème de l’eau).

Malgré un fort enclavement et une faible structuration aujourd’hui, les actions proposées doivent permettre un important essor et la création de nombreux emplois. Les projections prévoient ainsi une augmentation de la population active occupée de 33 588 personnes en 2020 à 50 219 en 2039 selon l’hypothèse 1 ou de 33 968 à 58 976 selon l’hypothèse 2.

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L’espace de projet du couloir de métropolisation

Schéma de structure du couloir de métropolisation

Schéma de structure du couloir de métropolisation

 L’espace de projet du couloir de métropolisation, territoire englobant l’agglomération de Fès, l’aire métropolitaine et la plaine du Sais dispose de tous les atouts pour réussir son développement. Les projets proposés pour cet espace de projet sont destinés à apporter les structures dont la métropole aura besoin pour son essor, protéger et valoriser le potentiel agricole élevé de la plaine du Sais et désenclaver les zones isolées de ce territoire. Afin de prétendre à un niveau international de développement, l’aire métropolitaine devra améliorer la mobilité en son sein, son cadre de vie, son environnement, et favoriser l’émergence et le fonctionnement de secteurs d’activités performants.

Les projets destinés à rendre excellente sa mobilité interne concernent la mise à niveau des liaisons routières reliant Fès aux villes de soutien à la métropolisation (Imouzzer Kandar, El Menzel et Moulay Yacoub) et la création d’un réseau de Train Express Régional (TER), comportant deux lignes : Fès-Sefrou et Fès-Ain Chkef-Ain Cheggag-Bhalil, les deux lignes desservant au passage le polygone de logistique et de services évoqué plus haut.

Par ailleurs, afin de développer leur attractivité et celle de l’aire métropolitaine, les villes de soutien à la métropolisation doivent abriter des zones résidentielles de standing, augmenter l’offre en équipements de niveau supérieur et en services, et accueillir certaines fonctions administratives délocalisées de Fès. Les villes et la métropole doivent également se doter d’infrastructures permettant de réduire leur impact sur l’environnement et les ressources naturelles telles que des stations d’épuration et des décharges contrôlées.

Enfin, l’activité économique au sein de l’aire métropolitaine est stimulée grâce à de nombreux projets d’aménagement de zones d’activités (industrie, artisanat) dans les villes de soutien à la métropolisation, l’implantation d’un complexe commercial avec hypermarchés au sein du polygone de logistique et de services précité, ainsi que par la création ou la restructuration de pôles touristiques, tels qu’à Sefrou, Imouzzer Kandar, ou Sidi Harazem-Skhinnate.

Concernant le secteur agricole, les actions à mener correspondent à plusieurs finalités. Il s’agit de :

  • protéger des terres à fort potentiel,
  • maintenir les ressources en eau,
  • augmenter la production,
  • fournir les infrastructures nécessaires au développement des activités agricoles et agro-alimentaires.

Pour cela, un texte règlementaire et une carte de protection des terres agricoles seront adoptés, des structures d’irrigation, d’abattage et de conditionnement seront développées, des centres de formation spécialisés créés, fondés sur les filières présentessur le territoire (céréales, olivier, câpres, production laitière, viandes rouges, viandes blanches, cultures maraîchères et rosacées).

Malgré la présence d’infrastructures lourdes d’envergure nationale sur son territoire, certaines zones de l’espace de projet du couloir de métropolisation restent très isolées. Le dernier volet concerne donc le désenclavement de ces zones, sur la base de la promotion de Centres ruraux émergents (CREM). L’effort consenti pour l’essor des espaces isolés doit se concentrer sur ces CREM, en améliorant leur desserte en infrastructures (routes et pistes rurales), équipements et services publics, et en incitant les populations à s’y regrouper. Afin de favoriser la création et la pérennité d’activités génératrices de revenus, ils doivent également proposer des services d’accompagnement, d’aide à l’entrepreneuriat et d’accès au micro financement.

Dans la vision de la Région de Fès-Boulemane à l’horizon 2039, la métropole est le moteur du développement régional. Le projet de territoire du couloir de métropolisation, abritant en son sein l’agglomération de Fès et l’aire métropolitaine, est donc destiné à soutenir le processus de métropolisation.

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L’agglomération de Fès

Pour le devenir de la région, l’agglomération de Fès est primordiale en tant que métropole en développement et capitale régionale : elle doit donc bénéficier d’une attention toute particulière. Les orientations et actions destinées au développement de Fès sont nombreuses et s’articulent autour de plusieurs axes.

Concernant la mobilité et l’accessibilité de l’agglomération, il s’agit de désengorger le centre de la ville, de limiter la pollution liée aux déplacements, et de favoriser une mobilité performante et accessible au plus grand nombre. Il s’agit donc d’étudier le Plan des déplacements urbains (PDU), d’élaborer un Schéma directeur des transports métropolitains, ainsi qu’un réseau de transports en commun en site propre (tramway et BHNS) pour l’agglomération de Fès. Afin de préparer leur mise en œuvre, il faut également prévoir les réserves foncières pour les réseaux envisagés ainsi que pour les gares routières et multimodales prévues.

De même, l’habitat est un enjeu essentiel dans le développement futur de l’agglomération. Dès à présent, une étude de la stratégie métropolitaine de l’habitat doit être engagée et des réserves foncières constituées. Les aménagements envisagés doivent correspondre aux autres orientations, notamment en termes de qualité de vie et d’environnement. Ainsi, l’aménagement de zones d’habitat doit inclure les objectifs de densification des tissus urbains et de poly fonctionnalité des espaces. Des zones résidentielles de standing doivent également venir compléter l’offre de logements traditionnels.

Les actions destinées à améliorer la qualité de vie dans l’agglomération concernent la réalisation de centres secondaires, la mise à niveau des quartiers sous-équipés et en particulier des quartiers nord de la ville et le renforcement de la desserte en équipements et services de niveau supérieur. Le respect de l’environnement fait également l’objet d’actions spécifiques, telles que la constitution et la consolidation d’une trame verte autour de la capitale régionale, l’étude d’un Schéma directeur d’assainissement et d’un Schéma directeur de collecte et de traitement des déchets solides, ou encore la préservation et l’exploitation des terres périurbaines fertiles, tout en restreignant l’utilisation d’intrants agricoles, notamment sur les terrains en pente.

De nombreuses actions centrées sur la capitale régionale doivent lui permettre de poursuivre son développement économique et de conserver son rôle de moteur de l’économie métropolitaine et régionale. Afin d’accroître son attractivité auprès des étudiants et chercheurs, les conditions d’accueil sur les campus et la visibilité des universités de la région doivent être développées, leurs liens à l’international développés et les relations universités/entreprises au sein de la région accrues.

Auprès des entreprises, il s’agit de mettre en avant les activités et savoir-faire technologiques de la métropole, les structures d’accompagnement aux pôles de compétitivité, les sites technologiques présents sur le territoire, et l’offre de services supérieurs proposée. Le développement d’une offre de formation adaptée aux besoins actuels et escomptés permettra également de favoriser l’arrivée de nouveaux investisseurs. Enfin, l’entrepreneuriat et l’innovation pourront être stimulés par l’implantation de pépinières d’entreprises, la création de concours, ou encore le développement de services d’aide à l’entrepreneuriat et d’accès au financement (coaching, microcrédit, etc.).

Dans le secteur du commerce, les actions attendues concernent le renforcement qualitatif de l’offre commerciale des centres-villes, ainsi que leur diversification dans des domaines spécifiques. Par ailleurs, l’offre de proximité doit être restructurée autour d’un réseau de marchés adapté aux modes de vie et de consommation locaux. Les pôles commerciaux se trouvant en périphérie devront quant à eux être mieux desservis par les transports en commun, mais l’implantation de thématiques concurrentielles avec les centres anciens sera restreinte.

Enfin, du fait de la richesse de son patrimoine et des visiteurs qu’il attire, le tourisme est un secteur économique primordial pour Fès. Toutefois, faute de protection, de restauration et de valorisation, ce patrimoine risque de disparaître. Outre les actions menées sur la Médina, il s’agit donc de mettre en valeur des sites touristiques hors Médina, en proposant notamment des circuits associant les deux. Cela nécessite la mise en place de stratégies communes entre tous les acteurs touristiques de l’agglomération et même au-delà. La création d’une Cité des arts et des métiers d’artisanat, comme toutes les autres structures culturelles pouvant être implantées, favorise également la venue des touristes et la longueur de leur séjour. Un développement en collaboration avec le secteur de la culture peut donc être envisagé, ce type de coopération favorisant les synergies et profitant aux deux secteurs. Il faudra alors mettre en place des plateformes communes et des outils de communication et de promotion communs. La création d’évènements et festivals culturels « hors-saison » pourra aussi permettre au secteur du tourisme de fonctionner toute l’année.

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L’espace de projet du Moyen Atlas

Schéma de structure du Moyen Atlas

Schéma de structure du Moyen Atlas

L’espace de projet du Moyen Atlas est un territoire à la topographie difficile avec de très fortes pentes, dont la forêt occupe la majeure partie. Cet espace souffre d’un enclavement très important et sa population est très pauvre. Il possède de nombreux atouts et un potentiel de développement diversifié, mais faute de valorisation il est démographiquement répulsif.

Le SRAT ambitionne de faire de ce territoire un espace dynamique qui conserve son croît démographique, en permettant à sa population d’y vivre bien. Il s’agit pour cela de faciliter l’accès de ses habitants à une activité, ainsi qu’à des équipements et services de niveaux moyen et supérieur, notamment en termes de connectivité. En effet, la restructuration du territoire comme l’accès aux nouvelles techniques d’information et de communication facilitent le développement de nouvelles activités génératrices de revenus, mais sont également des facteurs importants de désenclavement social.

L’essor de cet espace de projet passe donc tout d’abord par une restructuration de la montagne du Moyen Atlas. Au niveau des infrastructures, les deux axes d’intégration régionale est et ouest traverseront l’espace et permettront de joindre les principaux groupements de population aux villes du nord et du sud de la région. Cependant, les axes routiers transversaux doivent aussi être mis à niveau, afin de desservir l’espace central et de relier les différentes parties de la montagne entre elles. Enfin, la Rocade du Piémont reliera les différents centres urbains du piémont nord de la montagne, permettant une meilleure cohésion au sein de l’espace tout en délestant Fès des flux de transit.

L’identification et la promotion de certains villages en Centres ruraux émergents (CREM) permettent de focaliser les efforts de développement sur certains pôles. La desserte de ces CREM en infrastructures et équipements doit être améliorée, de même que l’accès aux services publics. Outre le développement des CREM, l’étude du Schéma provincial de cohérence des services publics (SPCSP) ciblera les déficits des petits centres ruraux afin de les combler.

Par ailleurs, des projets de préservation et de valorisation de l’environnement sont prévus. Un Programme intégré de protection de la biodiversité en haute montagne, l’amélioration des parcours hors forêt et des actions de conservation des eaux et des sols ont été retenus afin de pérenniser les richesses naturelles du territoire tout en les exploitant. Ces mesures s’accompagnent d’actions destinées à lutter contre la pollution d’origine humaine dans la montagne, notamment grâce à l’implantation de stations d’épuration et de décharges contrôlées. Le maintien de la population active dynamique dans la montagne requiert également le développement d’activités économiques viables. De nombreux projets du SRAT sont donc destinés à stimuler l’économie locale, selon plusieurs axes.

Les Centres ruraux émergents (CREM) constituent une base pour l’établissement de services d’aide et de soutien au développement d’activités. Ainsi l’encadrement de proximité doit être renforcé avec une aide à la création d’entreprises ainsi qu’un appui aux services financiers de proximité, notamment grâce à des associations de microcrédit. L’entrepreneuriat féminin sera également encouragé à travers des activités de formation et de conseil. En outre, l’activité économique sera incitée par l’aménagement et l’équipement de zones d’activités dans les CREM et villes secondaires, ainsi que par la mise en place de structures basées sur les richesses et atouts locaux, tels que l’unité de recherche sur le milieu montagneux, la forêt et la protection des ressources, le centre culturel de la montagne, ou encore une centrale éolienne pilote.

Des actions spécifiques, ciblées sur certains secteurs, sont également destinées à stimuler l’activité économique. Pour l’artisanat, il s’agit par exemple de l’installation de villages de métiers à Guigou et El Adrej, ou de l’aménagement d’une zone artisanale de production de couvertures de laine à Boulemane. Le secteur de l’artisanat pourra également se développer dans certaines zones grâce aux projets de soutien au tourisme qui permettront d’accroître leurs débouchés.

Concernant le tourisme, de nombreuses actions sont proposées et devraient conduire au développement de l’agro-tourisme ou d’un tourisme rural respectueux des richesses naturelles, du patrimoine culturel et des populations locales. La promotion de certaines villes ou de CREM en relais touristiques intégrés en fera des supports pour le développement touristique de l’espace de projet (Ribate El Kheir, Talzemt, El Adrej, Imouzzer Marmoucha et Boulemane). Ils seront à la base de la mise en tourisme de certains Sites d’intérêt biologique et écologique (SIBE) tels que ceux de Bouiblane, El Adrej, Bouiblane II et Tichoukt. De même, grâce à une mise en réseau avec d’autres CREM (Dar El Hamra, Skoura Mdaz, Tafajight), ces relais touristiques intégrés formeront un circuit touristique sur le thème de la montagne. Ce type de projet permettra ainsi d’attirer les touristes dans différents groupements du Moyen Atlas, ayant chacun ses spécificités, et les faisant profiter de la dynamique de développement.

Le développement et la modernisation des activités agricoles pourront aussi mener à la remobilisation de la main-d’œuvre locale. En effet, la valorisation de l’agriculture et de toutes les ressources pastorales et végétales de l’espace agraire naturel représentent une part importante des revenus des exploitations en montagne. Afin d’y parvenir, plusieurs projets sont envisagés, destinés au développement des filières olivier, rosacées, cultures maraichères, viandes rouges, production laitière et plantes aromatiques et médicinales. Ce développement sera notamment possible grâce à l’amélioration de l’irrigation des zones agricoles, avec la réhabilitation des infrastructures de la PMH et la création d’un périmètre à l’aval du barrage Azghar sur l’Oued Zloul. Le périmètre de Guigou constitue également une zone à fort potentiel, et sera l’objet de projets de développement spécifiques (intensification, désenclavement, aménagement) afin d’y créer un micro-pôle performant. Enfin, la valorisation des produits du terroir pourra permettre aux exploitations les plus marginalisées de se développer, notamment grâce à l’apiculture, au poulet Beldi, et aux plantes aromatiques et médicinales.

Comme énoncé précédemment, les projets retenus pour l’espace de projet du Moyen Atlas sont destinés à limiter l’exode rural et favoriser le maintien des populations dans la zone. Cela concerne essentiellement les actifs, part de la population la plus dynamique, d’où l’importance de se focaliser sur le développement d’activités pérennes et de conditions de vie décentes. Selon les projections démographiques, la population de l’espace de projet du Moyen Atlas devrait ainsi passer de 122 863 personnes en 2012 à 125 525 (hypothèse 1) ou 129 849 (hypothèse 2) en 2039.

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L’espace de projet de la Moulouya

Schéma de structure de la Moulouya

Schéma de structure de la Moulouya

L’espace de projet de la Moulouya couvre la majeure partie de la Région de Fès-Boulemane. Ce territoire vit essentiellement de l’agriculture, ses deux villes, Missour et Outat El Haj, étant de simples relais administratifs malgré leur emplacement sur un axe de niveau national. La Moulouya dispose d’atouts et d’un potentiel de développement importants, mais souffre de nombreuses difficultés, telles que son climat, sa superficie, son enclavement par rapport au reste du territoire régional, ou encore la dégradation de son environnement et de ses ressources.

La vision établie pour cet espace de projet se concentre sur le développement de l’axe routier principal et des deux villes de l’espace, Missour et Outat El Haj, permettant la valorisation des richesses de l’ensemble du territoire (élevage, alfa…). Il s’agit tout d’abord d’améliorer les infrastructures de la vallée et sa connexion, avec en premier lieu la mise à niveau de l’axe central (route nationale 15) entre Midelt et Guercif afin de relier la Moulouya à la côte méditerranéenne qui est, du reste, son débouché naturel. Le renforcement de cette artère permettra d’améliorer la desserte et la visibilité des villes de Missour et Outat El Haj, qui sont l’objet de projets de développement ambitieux.

L’objectif pour Missour est de la hisser à un niveau supérieur afin qu’elle rayonne sur le versant sud du Moyen Atlas et tout le territoire qui se trouve au sud. Il s’agit pour cela d’y aménager une zone résidentielle de standing, des zones d’activités, et d’y établir tous les services de niveau supérieur nécessaires (théâtre, équipements sportifs, programmation de festivals…). Outre le développement d’activités économiques, son développement se basera également sur l’implantation d’un noyau universitaire spécialisé et des activités de recherche de pointe sur le milieu aride.

La seconde ville de l’espace de projet, Outat El Haj, se développera quant à elle grâce à l’élevage et à la filière viandes. Les infrastructures adaptées à la transformation, à la valorisation, au conditionnement et à la commercialisation des produits issus de l’élevage (viandes et peaux) manquent, pour les éleveurs de la région comme pour ceux de l’Oriental. Avec un centre intégré de l’élevage ovin et caprin, Outat El Haj peut donc devenir un pôle dans la filière, rayonnant au-delà des limites régionales. Afin de compléter sa spécialisation, une unité de recherche sur l’élevage sera également proposée dans la ville. En outre, elle développera son attractivité grâce à l’aménagement d’une zone résidentielle de standing et de zones d’activités. Enfin, l’essor de son activité industrielle ne pourra s’intensifier qu’en développant ses connexions avec le reste du pays et de la région. Outre la N15 qui renforcera les liens de Outat El Haj avec Guercif et la côte méditerranéenne, la liaison Outat El Haj-Tendrara-Bouarfa devra être mise à niveau. De plus, l’opportunité de construire une piste d’aérodrome doit être étudiée, et celle du Centre des EAU utilisée d’ici sa réalisation.

Les zones rurales de l’espace de projet bénéficient également de projets destinés à leur désenclavement et leur essor. Les routes et pistes doivent être mises à niveau, et les liaisons entre les villes et les groupements ruraux améliorées. Par ailleurs, le regroupement de la population rurale dans de nouveaux Centres ruraux émergents (CREM) devra être incité, ces derniers ayant été soigneusement planifiés. Cela leur fournira notamment un meilleur accès aux équipements et services et de plus grandes opportunités d’emploi. Afin d’y développer des activités économiques et de favoriser un désenclavement social, la connectivité devra être généralisée dans ces CREM, tout comme dans les deux villes de l’espace de projet.

Dans l’optique de soutenir et stimuler les activités économiques en milieu rural, différents projets devront également être mis en place, répondant aux problématiques et enjeux de ces zones. Il s’agit tout d’abord d’améliorer la desserte, les équipements et les services dans les CREM, notamment en termes d’aide à l’entrepreneuriat, d’accès au financement, et de services d’appui à l’activité agricole. L’aménagement de zones d’activités, notamment artisanales, doit être généralisé, et des villages de métiers des tapis peuvent être implantés à Ait Saghrouchen et Imouzzer Marmoucha.

Les projets retenus pour le secteur agricole concernent différentes filières. Ils doivent permettre le développement de la productivité, d’infrastructures agro-industrielles et de préservation des ressources pour les filières viandes rouges, rosacées, cultures maraîchères et olivier. Des actions d’amélioration de l’irrigation sont également prévues, comme avec la réhabilitation du périmètre d’irrigation de Tendit, ainsi que la réhabilitation et l’aménagement de parcours. Enfin, un Plan régional de protection et de valorisation des nappes alfatières doit permettre d’optimiser l’exploitation de cette richesse sans accroître les risques de désertification de l’espace.

Certaines actions retenues pour la Moulouya ciblent spécifiquement le développement du secteur du tourisme, qui se veut respectueux du patrimoine et des richesses naturelles de l’espace de projet. Parmi eux se trouvent notamment les projets de mise en tourisme des Sites d’intérêt biologique et écologique (SIBE) de Bounaceur, Outat El Haj, Aghbalou Laarbi et Jbel Taghioult. En outre, les pôles touristiques destinés à soutenir ce développement aménageront les structures nécessaires à l’accueil et l’animation des touristes. Ils seront également le support de la valorisation et de la commercialisation des produits artisanaux et du terroir du territoire.

Enfin, afin de préserver et de valoriser les richesses naturelles de la région, différents projets ciblent le secteur de l’environnement. Certains sont destinés à la lutte contre les dégradations et les pollutions d’origine humaine, tels que les actions d’implantation de stations d’épuration, d’une décharge contrôlée, ou la réhabilitation des parcours dégradés. D’autres visent davantage la valorisation pérenne des richesses dont le territoire est doté, avec par exemple un Plan de protection et de valorisation des nappes alfatières, une étude d’opportunité et de faisabilité d’une centrale solaire ou la mise en place d’une unité de recherche sur les énergies renouvelables.

Le milieu urbain et le milieu rural de l’espace de projet disposent donc d’une mise en valeur des potentialités existantes. Les populations auparavant séduites par l’exode vers Fès du fait d’un trop grand enclavement de la Moulouya bénéficieront désormais d’une réelle alternative au sein de l’espace. La population de l’espace devrait ainsi passer de 110 513 personnes en 2012 à 182 033 (hypothèse 1) ou 163 226 (hypothèse 2) en 2039, les deux hypothèses comportant une augmentation des deux populations rurale et urbaine.

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Conclusion

Le SRAT, le projet d’aménagement sur lequel il est basé et les actions qui en découlent sont censés répondre aux grandes problématiques et aux ambitions de développement de la région. L’ouverture de la région sur l’international et la métropolisation bénéficient d’une place particulière dans le projet régional. Dans une optique d’intégration et de valorisation raisonnée des ressources naturelles, chaque espace de projet fait l’objet de mesures spécifiques. Toutefois, il s’agit bien de parvenir au développement de l’ensemble du territoire régional et à l’amélioration de la cohésion sociale et spatiale en son sein, afin d’en faire une région attractive et compétitive dans son intégralité. Cela nécessite l’adhésion de l’ensemble des acteurs, une préparation minutieuse et une pérennité des objectifs.

Le processus en cours de régionalisation avancée trouvera dans le SRAT une base intégrée pour un aménagement cohérent et harmonieux des nouvelles régions envisagées.

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